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Pour une réglementation plus contraignante sur les voies hydrauliques
 
« Surtout, n’en parle pas dans le magazine ! ». Telle est la demande que me font quasi systématiquement les pêcheurs et autres collaborateurs de notre revue après m’avoir dévoilé un poste productif ou la présence de poissons d’exception ou encore de bonnes densités en poissons en un endroit donné de notre Wallonie, que ce soit en lac, en rivière ou en canal. La plupart du temps, cette demande est motivée non pas par un désir de ne pas partager ce poste ou cet endroit mais par une crainte : celle de voir l’endroit pillé jusqu’à ce qu’il perde tout intérêt pour la pêche. La dernière fois, c’était quelques jours seulement avant d’écrire ces lignes, en compagnie de Christian Bazan, pêcheur à la mouche et compétiteur bien connu, au bord du lac de la Plate Taille. Avec Jason Zapoticzny, autre moucheur-compétiteur bien connu, il venait de vivre, un jour plus tôt, un coup du soir inoubliable au bord de ce lac, avec, à la clé, la capture des poissons exceptionnels que je vous invite à découvrir en page 41.
Vous imaginez bien qu’une telle demande suscite à chaque fois chez moi un tiraillement certain, partagé que je suis entre l’envie de ne pas trahir la confiance de ces pêcheurs et le devoir qui est le mien, à travers ce magazine, d’œuvrer au développement de notre sport-loisir, notamment en dévoilant de bons coins de pêche à nos lecteurs. Je suis certain que vous-même avez déjà été à plusieurs reprises tiraillés entre l’envie de taire un bon poste et l’envie de le partager avec vos amis pêcheurs. C’est tout naturel et, tout aussi naturellement, vous optez le plus souvent, comme je le ferais à votre place, pour la première option. Le « hic » est que ce choix délibéré de ne pas communiquer certaines informations à nos confrères ne contribue certainement pas au développement de notre activité. Il débouche en effet sur un certain individualisme, lequel est à n’en point douter l’un des freins internes majeurs à ce développement.
Le problème provient de ce que notre activité se déroule aux dépens d’une ressource qui n’est pas illimitée et que l’on peut s’approprier en la prélevant : les poissons. Les adeptes du parapente ou de la voile n’hésitent pas à partager leurs « spots » : on ne peut pas s’approprier le vent et celui-ci revient toujours en suffisance… Et l’excès de prélèvement, autrement dit le pillage de la ressource, mène, in fine, à l’ennui pour tout le monde au bord de l’eau. C’est particulièrement vrai sur nos eaux classées dans les voies hydrauliques, et plus précisément, sur ces eaux, pour les espèces les plus sensibles au prélèvement. Le souci est que, sur les voies hydrauliques, notre réglementation en matière de pêche, combinée au manque de moyens en matière de repeuplements – lui-même lié à un prix des permis de pêche ridiculement bas – aboutissent à ce que je nommerai le pillage légal. Un pêcheur qui, à chaque fois qu’il se rend sur l’Ourthe en aval de Nisramont, prélève cinq truites et deux ombres, demeure dans la légalité. Il procède néanmoins à un pillage en règle de la ressource, en ne contribuant peut-être qu’à raison de 12,39 € au budget du Fonds piscicole…
Il en va tout autrement sur les cours d’eau qui ne sont pas classés dans les voies hydrauliques. La plupart des sociétés de pêche qui sont établies sur ces cours d’eau ont les moyens de garantir la présence de poissons en suffisance et, par là, la satisfaction de leurs membres. D’une part parce qu’elles ont plus de moyens financiers pour procéder à des repeuplements et ce, grâce à la cotisation annuelle qu’elles demandent à leurs membres, une cotisation parfois équivalente à plusieurs fois le montant du permis régional wallon, le A comme le B. D’autre part, parce qu’elles adoptent une réglementation systématiquement plus contraignante que celle de la Région wallonne en matière de prélèvement (quota et/ou taille).
Tant que l’on ne fera pas de même en matière de prélèvement des espèces sensibles (truite, ombre et brochet) sur les voies hydrauliques, la pêche de ces espèces y sera synonyme d’ennui et de résultats médiocres. Et les pêcheurs soucieux de la préservation de la (maigre) ressource seront tentés de taire la découverte d’un « hot spot » ou la capture d’un beau poisson, au détriment du développement de la pêche. Le no-kill intégral établit sur la Meuse en aval de Lixhe – même s’il est excessif pour certaines espèces moins sensibles – ou encore le no-kill adopté pour la truite Fario sur le lac de la Plate Taille (jusqu’en 2021 seulement…) constituent des premiers pas dans la bonne direction mais c’est loin d’être suffisant.
 
Bruno Chermanne
Rédacteur en chef
 
Sommaire
 
COMPETITION
Calendrier des concours
 
COUP
Rencontre avec une légende vivante : Jacopo Falsini
Emile Michaux : toujours la pêche à 102 ans !
 
MATERIEL
Test – Canne JMC Compétition 10’ pour soie
 
MER
Tableau des marées
 
MOUCHE
Rivière – En petite rivière encombrée
La Mouche du mois : la « Mouche de mai cervidé »
 
REGLEMENTATION
L’essentiel de l’arrêté « concours »
Le coin du garde-pêche
 
TOURISME-PECHE
Danemark – La truite de mer en eau salée, c’est sur Fyn !
 
TRUITE
Etang – Un nouveau club (de plus…) : Team Passion Pêche